Retour aux heures normales le 7 septembre

15/10/2021

La Bibliothèque publique d’Ottawa a repris ses heures d'ouverture d’avant la pandémie dans la majorité des succursales depuis le 7 septembre 2021, y inclus les heures d’ouverture le dimanche à dix succursales et à InfoService. Les horaires sont affichés à l’entrée des succursales et sur horaires et emplacements dans le site web de la BPO. 

 

Succursale Carp

18/10/2021

La succursale Carp sera fermée le mardi 26 octobre 2021 pour usage opérationnel de la Ville d’Ottawa. Le service régulier reprendra le mercredi 27 octobre à 10 h. 

Overdrive : Problèmes avec les anciens appareils et navigateurs Apple

12/10/2021

Des récentes modifications apportées par Overdrive et Libby ont eu un impact sur leur compatibilité avec les anciennes versions des systèmes d'exploitation mobiles et bureautiques. Les personnes qui utilisent des appareils Apple plus anciens (ordinateurs Mac qui exécutent macOS 10.12.1 et iPhones/iPads qui exécutent iOS 9) peuvent avoir des difficultés avec les applications mobiles et bureautiques d'OverDrive, tandis que Libby ne permet plus les iPhones et iPads qui exécutent iOS 9 (ces liens ne sont disponibles qu'en anglais).

Succursale Carlingwood

18/10/2021

L'ascenseur de la succursale Carlingwood est actuellement hors service.

Succursale Alta Vista : Réouverture  le 22 octobre

21/10/2021

 La succursale Alta Vista retournera à son service régulier le vendredi 22 octobre 2021.

 

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Archives de la Ville d’Ottawa . L'histoire des archives 2SLGBTQ+

2021-08-30

Dans le cadre des célébrations de la Fierté dans la capitale 2021, la BPO accueille le blogueur John Lund, l'Archives de la Ville d'Ottawa.

L'histoire des archives 2SLGBTQ+

L’histoire des archives 2SLGBTQ+ en est une d’autodocumentation et de récits communautaires, accolée soit à un discours dominant ouvertement hostile soit à l’omission silencieuse. Des imprimés éphémères, documents, publications et artéfacts ont été collectés par des personnes et des organismes 2SLGBTQ+ afin d’appuyer les droits des communautés 2SLGBTQ+ et de garder en vie leur histoire, leurs luttes et leurs célébrations. Les premières formes d’archives officielles sont arrivées avec la fondation, en 1973, des Canadian Lesbian and Gay Archives par la revue torontoise The Body Politic. Plus récemment, les Canadian Lesbian and Gay Archives ont actualisé leur mandat en vue d’adopter une politique d’acquisition pluraliste, et ont changé de nom pour devenir ArQuives. L’Université de Victoria a commencé à acquérir des documents sur la réalité trans en 2007, ce qui a mené à la mise sur pied des Transgender Archives, la plus vaste collection du genre au monde.

Dans les dernières décennies, et particulièrement dans les cinq dernières années, les archivistes du Canada ont abordé la question de la diversité et de son absence flagrante dans les fonds d’archive.

Il existe des archives de toutes les tailles et de toutes les formes – vous seriez d’ailleurs surpris de savoir qui demande les services des archivistes (Electronic Arts [EA]) –, mais on en trouve surtout dans des milieux institutionnels, comme les gouvernements, les universités et les églises. Or, ces mêmes institutions ont fait partie du processus colonial, soit de la colonisation mondiale par les Européens et de l’ostracisme à l’égard de l’« autre ». Comme elles représentaient la culture de l’Europe occidentale, avec ses mots et son regard paternalistes, les documents recueillis par les archives servaient à réaffirmer l’importance des réussites de l’homme blanc, soit en amenuisant les histoires des autres peuples, soit en racontant l’histoire des femmes, des peuples autochtones et des communautés noires et 2SLGBTQ+ sous le spectre de la vision masculine dominante. Sans qu’elle soit nécessairement manifeste, l’omission était systémique, et sous-tendait les décisions archivistiques prises de façon « objective ». Ici, l’objectivité s’inscrit dans l’expérience personnelle et les théories archivistiques découlant du siècle des Lumières en Europe et de la Révolution française. On peut donc comprendre les réticences de la communauté à confier ses documents aux archives traditionnelles.

Tenant compte des dissensions entourant l’acquisition de documents 2SLGBTQ+, les Archives de la Ville d’Ottawa souhaiteraient continuer de travailler avec la communauté 2SLGBTQ+ afin de préserver les documents à long terme, soit en accueillant des dons, soit en fournissant son expertise technique aux archives communautaires. Par ailleurs, notre politique de libre accès permet au grand public de consulter les documents qui ont été traités.

Les Archives de la Ville d’Ottawa détiennent plus de quatre mètres linéaires de documents fournis par Gary Sealy, dont l’imposante collection de documents LAMBDA. La collection de M. Sealy comprend aussi des documents du Club Moustache, du Gay, Lesbian, Bisexual and Transgender Community Centre, de la Grant Taylor Society of Excellence, du Second Century Club, de l’Association lesbienne et gay internationale (ILGA), de Sappho et d’EGALE. En outre, les Archives possèdent des documents de la Fierté dans la capitale. Ceux-ci sont toujours en traitement, mais nous espérons qu’ils seront accessibles au public d’ici le deuxième trimestre de 2022.

Par ailleurs, grâce aux photographies d’archives de l’Ottawa Journal, les Archives ont des traces de manifestations s’étant déroulées dans les années 1970. Les deux photos fournies en sont des exemples : il y en a une d’une manifestation à l’extérieur des bureaux de l’Ottawa Journal, en 1975, et une d’une manifestation à l’extérieur du poste de police d’Ottawa, en 1976. Celles-ci ont été provoquées par l’arrestation de Michel Gravel, le 3 mars 1975, pour avoir exploité deux agences de mannequinat spécialisées dans les hommes nus, qui servaient en fait de façade pour un service de prostitution. L’histoire a défrayé la chronique. Les policiers ont procédé à l’arrestation de 17 des 18 clients des agences, entre le 4 et le 20 mars, et les médias ont divulgué leur nom, leur âge, leur adresse et leur profession. Les médias nationaux et locaux, dont l’Ottawa Citizen et l’Ottawa Journal, ont qualifié l’affaire de « réseau de vice homosexuel » ou de « réseau d’esclavage blanc ». Les personnes arrêtées ont perdu leur emploi et vu leur vie complètement bouleversée. L’un d’eux, Warren Zufelt, s’est tragiquement suicidé le 18 mars, après avoir été mis au jour.

Manifestation pour les droits des gais à l’extérieur de l’édifice du journal. Créateur : Ottawa Journal. Archives de la Ville d’Ottawa, CA025565

Manifestation pour les droits des gais à l’extérieur de l’édifice du poste de police. Créateur : Ottawa Journal. Archives de la Ville d’Ottawa, CA025629.

Les Archives de la Ville d’Ottawa tiennent à préserver l’histoire de toutes les communautés d’Ottawa, et veillent à ce qu’elles aient une voix.

Nous ne sommes pas le seul organisme archivistique à souhaiter mieux représenter les communautés 2SLGBTQ+; le travail avance depuis deux décennies, mais c’est surtout dans les cinq dernières années que la diversité s’est invitée dans les discussions et que des mesures ont été prises. Par ailleurs, on constate un changement démographique au sein de la profession d’archiviste, et l’émergence de nouvelles histoires à préserver et à raconter. Les voix queer passent même à la postérité dans des régions considérées comme étant des bastions conservateurs, comme la ville de Red Deer. D’ailleurs, les Archives de la Ville de Red Deer ont récemment élargi l’accessibilité à un projet d’histoire orale des lesbiennes et gais des années 1990, en numérisant les cassettes audio. C’est avec des gestes simples comme celui-là que nous commencerons à sortir de l’oubli l’histoire des communautés 2SLGBTQ+.

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Biographie

John Lund est archiviste, Sensibilisation et documents sous forme électronique, aux Archives de la Ville d’Ottawa. Il détient une maîtrise en histoire et en études archivistiques. Il a été archiviste en photographie aux Archives provinciales de l’Alberta et archiviste responsable de la gestion des collections aux Archives de la Ville de Red Deer. Il est originaire d’une petite ville de la Colombie-Britannique. John utilise les pronoms « il » et « lui »; s’il doit utiliser une étiquette, il s’identifie comme bisexuel ou queer.