Les voix autochtones à l’écran

12/06/2018

 

            Appuyé par un travail audacieux et souvent novateur, le cinéma est l’un des nombreux médias dans lesquels les voix des Premières Nations, Métis et Inuits livrent des messages percutants. On peut dire la même chose des Autochtones au-delà du Canada : le cinéma est un support puissant grâce auquel ils peuvent raconter, consigner et transmettre la diversité de leurs histoires et de leurs expériences.

            Ce billet et cette liste visent à souligner et célébrer une partie du cinéma et des vidéos dans la collection de la Bibliothèque publique d’Ottawa axée sur les histoires et la vie des Autochtones d’ici et d’ailleurs.

 

            Parmi les Premières Nations, Métis et Inuits, il ne manque pas de réalisateurs signant des œuvres magnifiques, tout en repoussant les limites de l’industrie cinématographique canadienne. Dirigée par des Inuits, Isuma Productions s’est taillé une place grâce au succès de Atanarjuat : la légende de l’homme rapide, suivi des œuvres Le jour avant le lendemain et Le journal de Knud Rasmussen. Dans leur sillage ont suivi des titres exceptionnels, notamment l’émouvant drame atikamekw Avant les rues de Chloé Leriche, l’innovant Rimes pour revenants de Jeff Barnaby de même que l’introspectif et puissant Mesnak d’Yves Sioui Durand. 

            La réalisatrice abénaquise Alanis Obomsawin – dont quelques titres figurent dans la collection 270 ans de résistance – est depuis longtemps une figure d’avant-garde du cinéma documentaire. La force de son œuvre est sans aucun doute source d’inspiration pour des productions comme Inuk en colère d’Alethea Arnaquq-Baril et une multitude de réalisateurs autochtones et d’angles de la série 8e feu.

            On peut entrevoir l’avenir du cinéma autochtone dans Wapikoni : Escale à Kitcisakik, qui suit le travail de Wapikoni Mobile, une école de réalisation cinématographie ambulante donnant à la jeunesse autochtone les outils pour raconter leurs propres histoires. Outre le nombre grandissant d’œuvres des Premières Nations, Métis et Inuits dans la collection de la BPO, il faut savoir que le cinéma autochtone canadien continue de gagner du terrain : l’Office national du film a récemment mis sur pied un site du cinéma autochtone, et le bureau de productions audiovisuelles autochtones souhaite poursuivre sur la lancée des succès susmentionnés.

 

            Au-delà du Canada, le cinéma autochtone est également représenté dans notre collection. Le secret des cendres, qui suit le voyage en voiture souvent drôle de deux jeunes hommes de Cœur d’Alene confrontés à des problèmes identitaires et familiaux, fut une découverte populaire, et des films comme Les Chansons que mes frères m’ont apprises, présentant une perspective contemplative de la relation entre un frère et une sœur lakotas, s’inscrivent aussi dans cette veine.

            Un trio de documentaires introspectifs examine le rôle des Autochtones dans la culture populaire américaine : More Than A Word remet en question les mascottes des Premières Nations dans les activités sportives; Hollywood et les Indiens porte sur « l’Indien d’Hollywood » et la façon dont les Autochtones sont dépeints au grand écran; et Rumble : Le Rock des Indiens d’Amérique célèbre les musiciens autochtones et leur influence sur le rock américain, trop souvent reléguée aux oubliettes.

 

            Ailleurs dans le monde, les vies des peuples autochtones en Australie et en Nouvelle-Zélande sont également bien illustrées à l’écran. Plus particulièrement, les réalisateurs maoris forment une force vitale. Nous étions guerriers, La légende des baleines et Boy sont quelques exemples parmi la liste toujours croissante d’œuvres très en vue sur la vie maorie, du passé et du présent. Par ailleurs, First Australians est une série documentaire détaillée pour en apprendre plus sur les difficultés et les réussites des peuples autochtones australiens.

            Du Guatemala nous vient Ixcanul, un film marquant produit en cakchiquel et axé sur une jeune femme maya; les critiques ont d’ailleurs souligné sa perspective manifestement féministe. Ces thèmes font dans une certaine mesure écho à Sami Blood, une représentation troublante d’une femme autochtone samie intégrée de force dans la société suédoise.

            Les problèmes environnementaux sont souvent soulevés dans les films sur les peuples autochtones. When Two Worlds Collide suit des autochtones amazoniens qui tentent de sauver forêt pluviale péruvienne, alors que Les derniers hommes éléphants se penche sur la relation complexe et changeante qu’ont les Bunongs du Cambodge avec l’éléphant, désormais menacé d’extinction, et depuis longtemps au centre de la culture du peuple.

 

            Dans la collection de la BPO, on trouve aussi des titres qui font aussi place à une diversité de voix et de points de vue. Des œuvres mettant en vedette les Hadzas en Tanzanie, les Igorots de la région de la Cordillère aux Philippines et les Alacalufes, Yagans et autres peuples autochtones du Chili permettent d’en savoir plus sur les lois autochtones.

Nous avons fait le tour du globe, certes, mais nous croyons à propos de conclure avec le documentaire For the Next 7 Generations. Retour en 2004 sur la rencontre et la mise en place de l’International Council of Thirteen Indigenous Grandmothers, un groupe international qui travaille à souligner la force, l’utilité et la durabilité des modes de vie autochtones : le film s’articule autour d’un thème commun en intégrant nombre des divers peuples dont nous avons parlé.

 

            Toutes ces œuvres ne sont qu’un échantillon du cinéma sur les Autochtones et par les Autochtones, autant dans la collection de la BPO qu’au-delà. Certains voudront peut-être connaître plus de titres ou de réalisateurs en explorant les listes de médias autochtones, comme celle-ci (en anglais) ou celle-là (en anglais). Il est aussi possible d’utiliser le portail vidéo Curio de la BPO pour découvrir des titres tels que le documentaire Rite de passage.

            Nous espérons que ce billet et cette liste vous donneront envie d’explorer la collection de cinéma autochtone de la BPO. Faites-nous d’autres suggestions de films autochtones de partout au monde en laissant un commentaire plus bas!

 

 

OPL/BPO - Indigenous Voices on Screen/Les voix autochtones à l’écran by Daniel_Library