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Gagner son pain

Des entreprises sociales qui livrent la marchandise

Le principe de l’entreprise sociale n’est pas nouveau : c’est une idée qui mijote depuis longtemps chez beaucoup d’organismes à but non lucratif. Ceux qui ont adopté ce modèle sont en pleine évolution et commencent à en récolter les fruits. Ces organismes s’attaquent à des problèmes sociaux majeurs – pauvreté, insécurité alimentaire, itinérance, dépendances, etc. – en mettant sur pied des entreprises durables qui atteignent leurs buts sans devoir sans cesse faire appel à ce qu’on appelle traditionnellement la « charité ».

Photo de Mike dans la cuisine

Mike dans la cuisine

D’après le Conseil des entreprises sociales du Canada, les entreprises sociales sont des entreprises communautaires qui vendent des biens ou des services pour atteindre des objectifs sociaux, culturels ou environnementaux, et qui réinvestissent leurs profits pour remplir leur mission sociale.

Opération rentrer au foyer est l’une de ces entreprises. Cet organisme a décidé de relever le défi de transformer la vie de nombreux jeunes à risque. Deux de ses projets sont rapidement devenus ses initiatives les plus réussies et durables : il s’agit de FarmWorks et de FoodWorks, toutes deux particulièrement pertinentes pour notre projet de littératie alimentaire. Pour en apprendre davantage, vous pouvez écouter notre baladodiffusion, disponible en anglais seulement, en cliquant sur l’option English située dans le coin supérieur droit.

En partenariat avec Just Food, l’initiative FarmWorks emploie six jeunes dans une ferme biologique d’une demi-acre, où ces derniers en apprennent plus sur l’alimentation et l’agriculture en faisant pousser et en récoltant des légumes qui sont ensuite vendus en paniers selon le principe de l’agriculture soutenue par la communauté (ASC) tout au long de la période de récolte. Les jeunes touchent à tous les aspects de l’entreprise, du processus de certification biologique à la livraison des paniers, en passant par l’installation du système d’irrigation. Ils acquièrent de nouvelles compétences pour leurs futurs emplois tout en exerçant une activité enrichissante en attendant de reprendre éventuellement leurs études.

Dans la foulée de FarmWorks est née FoodWorks, une initiative offerte en collaboration avec le Causeway Work Centre, visant à transformer les produits frais de la ferme en mets succulents. L’organisme a ainsi embauché des jeunes afin qu’ils  apprêtent des repas sains et de saison, dans sa cuisine commerciale, sous la supervision du chef Mitchell Warner.

Au départ, les repas étaient uniquement cuisinés pour des aînés habitant seuls et des personnes à risque de perdre leur autonomie, mais aujourd’hui, FoodWorks a élargi ses activités pour inclure toutes les personnes établies dans un rayon de livraison de 5 km, et le service ne cesse de croître. Les repas coûtent 8 $ et sont livrés au plus trois fois par semaine. En l’été les repas sont livrés à vélo, en hiver avec VRTUCAR et le service de livraison de la brasserie Beau’s All Natural. Les nouveaux bénévoles sont toujours les bienvenus.

Photo de gratin dauphinois

Gratin dauphinois, repas cuisiné et livré par FoodWorks

Bien que le fait de donner accès à des aliments délicieux et abordables soit un aspect essentiel du programme, pour les jeunes qui travaillent en cuisine, c’est surtout une chance inestimable d’apprendre de vraies techniques et d’acquérir des compétences. Travailler avec le chef à la planification des menus, à la création des repas, à leur mise en marché et à leur livraison, tout cela fait partie du travail.

FarmWorks et FoodWorks atteignent bien leurs objectifs de donner accès à des aliments sains et abordables  d’employer et d’appuyer des jeunes itinérants et à risque. Mais au-delà de ces réussites, les deux initiatives ont aussi su tisser des liens, tant avec leurs partenaires qu’avec les personnes qui ont choisi sciemment d’employer leurs services pour entretenir la volonté de « donner au suivant » suscitée par les entreprises sociales.

Vous pouvez visiter le site Web d’Opération rentrer au foyer pour en savoir plus sur sa campagne « Réalité », qui, pendant un mois, vise à sensibiliser la population au problème de l’itinérance des jeunes à Ottawa. Vous pouvez également assister à la Poor Chef’s Competition, où cinq grands chefs d’Ottawa sauront vous divertir en confectionnant un repas avec un budget de 3,15 $ – ce qui reflète la réalité de beaucoup de jeunes sans-abri. Cette initiative vise à montrer à quel point il est difficile de préparer un repas nutritif et délicieux avec un budget aussi restreint.